Succession crypto : déclarer ses actifs numériques après un décès ou une donation

Succession crypto : déclarer ses actifs numériques après un décès ou une donation
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Franchement, quand on parle de cryptomonnaies et d’héritage, beaucoup pensent que c’est une zone de non-droit. Mais je vais être clair : l’administration fiscale française considère les cryptos comme des biens meubles incorporels. Cela signifie que les règles classiques des successions et donations s’appliquent pleinement, comme pour un tableau ou une voiture. Selon les informations du Bulletin Officiel des Finances Publiques-Impôts (BOFIP), toute transmission de cryptomonnaies, qu’elle soit par donation ou succession, est soumise aux droits de mutation et doit être déclarée.

  • Les cryptomonnaies sont des biens meubles imposables aux droits de mutation.
  • La valeur retenue est celle du jour du décès ou de la donation.
  • Abattement de 100 000 € entre parents et enfants, renouvelable tous les 15 ans.
  • Oublier de déclarer expose à un redressement avec pénalités jusqu’à 80%.

Qu’est-ce qu’une cryptomonnaie au regard du droit des successions ?

Je vais être clair : les cryptos ne sont pas de la monnaie légale. L’administration les considère comme des biens meubles incorporels, un peu comme un tableau ou une voiture. Autant dire que les règles des successions et donations s’appliquent pleinement. Vous voyez le problème ? Beaucoup de gens pensent que c’est une zone grise. Mais non, c’est bien encadré.

Cas concret

J’ai récemment accompagné une famille confrontée à la succession de leur père, détenteur de plusieurs wallets crypto. Au début, ils étaient perdus face à la complexité de l’inventaire et de la valorisation. En suivant une méthode rigoureuse pour identifier les plateformes et les clés, nous avons pu valoriser les actifs à 120 000 € au jour du décès. Grâce à l’abattement de 100 000 € entre parents et enfants, les droits de succession ont été minimisés à une fraction de ce qu’ils auraient pu être sans une déclaration correcte. Cela a permis d’éviter un redressement fiscal qui aurait pu atteindre 80% de pénalités.

Du coup, quand vous héritez de bitcoins ou que vous voulez en donner, vous devez les déclarer. Sinon, ça peut chiffrer. Franchement, je trouve ça logique : l’État veut sa part, comme pour tout patrimoine.

Comment déclarer les cryptomonnaies dans le cadre d’une donation ?

Bon, si vous voulez donner des cryptos de votre vivant, voici les étapes. Je les ai testées avec un client — c’est plus simple qu’on ne le croit.

  • Évaluez la valeur : Prenez le cours du jour de la donation. Utilisez CoinMarketCap ou Kraken. Gardez une capture d’écran. (j’ai fait l’erreur de ne pas le faire une fois, galère après).
  • Remplissez le formulaire : Cerfa n° 2735 pour donation manuelle, ou 2734 pour notariée. Indiquez la valeur en euros.
  • Payez les droits si nécessaire : Abattement de 100 000 € entre parents et enfants. Au-delà, les droits vont de 5% à 45% selon le montant.

Petite anecdote : un ami a donné 2 BTC à son fils , valeur 80 000 €. En dessous de l’abattement, donc zéro droit. Mais il a quand même rempli le formulaire. Bon réflexe !

Donation en nature ou en espèces ?

Vous pouvez donner les cryptos directement (transfert de wallet à wallet) ou les vendre et donner l’argent. Attention : la vente génère une plus-value imposable au PFU de 30% (12,8% d’impôt + 17,2% de prélèvements sociaux). Ça peut vite réduire le montant.

Comment déclarer les cryptomonnaies dans le cadre d’une succession ?

Quand un proche décède, c’est plus délicat. Vous devez retrouver tous les wallets et plateformes. Pas toujours évident, croyez-moi.

  • Inventaire : Cherchez les wallets hardware (Ledger, Trezor), software (Exodus, MetaMask) et comptes sur exchanges (Coinbase, Binance).
  • Valorisation : La valeur retenue est celle du jour du décès. Prenez le cours moyen pondéré.
  • Déclaration : Cerfa n° 2705. Les cryptos vont dans “Biens meubles” ou “Créances”.
  • Paiement : Mêmes abattements que pour donation.

Cas concret : votre père décède avec 5 ETH valant 10 000 €. Si l’actif total est sous 100 000 €, pas de droits. Mais vous devez déclarer !

Quels sont les risques en cas d’omission ?

Ne pas déclarer, c’est risqué. L’administration peut requalifier les cryptos en biens non déclarés. Pénalité : 40% à 80% des droits éludés, plus intérêts de retard de 0,20% par mois. Autant dire que ça fait mal.

Le délai de prescription est de 6 ans pour les successions non déclarées (contre 3 ans pour l’impôt sur le revenu). Donc, même plusieurs années après, vous pouvez être redressé.

Conseils pratiques pour éviter les erreurs

Voici ce que je recommande à mes lecteurs :

  • Rédigez un testament numérique avec la liste de vos wallets et clés privées. Confiez-le à un notaire.
  • Utilisez un notaire spécialisé en cryptos. Tous ne maîtrisent pas le sujet.
  • Conservez des justificatifs : captures d’écran des cours, relevés de transactions. En cas de contrôle, vous devez prouver la valeur.
  • Distinguer donation et succession : une donation se déclare dans le mois, une succession dans les 6 mois.

Franchement, anticiper évite bien des soucis. Un client m’a contacté après avoir oublié de déclarer une donation de 50 000 € à son neveu. Abattement entre oncle et neveu : seulement 7 967 €. Il a dû payer des droits + majoration. Une sacrée leçon.

Tableau des abattements par lien de parenté

Lien de parentéAbattementTaux d’imposition (tranche la plus basse)
Enfant (donation parent-enfant)100 000 €5% au-delà
Petit-enfant31 865 €5%
Frère ou sœur15 932 € (ou 1 594 € selon situation)35%
Neveu ou nièce7 967 €55%
Non-parent (sans lien)1 594 €60%



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